Samedi 18 Septembre 2006. 17h16.
"Tu rentres tôt"
Une touffe noir fit apparition à l'encadrement de ma porte. Bill. Son corps vint reposer près du mien. Un fort besoin de ressentir ma présence. S'assurer que je m'en suis encore bel et bien tirer. ''Un jour, cette histoire finira mal'' pensait-il tout en essayant de s'en dissuader. Mais dans quelques secondes, l'appréhension prendrait le dessus. Je le sentais.
- Tu es imprudent et naïf Tom. On croirait voir un gamin insouciant qui ne sait pas différencier le bien du mal. Tu vols ces filles sans aucune reconnaissance pour ce qu'elles ont fait envers nous. Tu te mets tout seul en danger. Et bordel Tom, c'est connu, le bien l'emporte toujours sur le mal, ses mots étaient fermes et son allure dégageait la sagesse que je n'avais pas eu la chance de bénéficier.
- Et toi, tu regardes beaucoup trop la télévision, dis-je en me moquant gentiment de sa dernière phrase.Il me lança cet éternel regard empli d'inquiétude et de colère. Il avait raison. Je suis inconscient. Persuadé que rien ne peux m'arriver, sûrement à cause de notre statut. Mais après tout je suis beau, riche et célèbre. Je suis donc intouchable non ?
Finalement, sachant pertinemment que mon entêté de frère ne pouvait pas m'en vouloir plus longtemps, je lui décochai un petit coup d'½il complice et le poussai hors du lit. Le poids plume de mon double chutant sur le parquet provoqua un énorme vacarme, et il riait aux éclats m'entraînant avec lui. Puis, comme la flamme d'une bougie périssant à même la mèche, l'écho de son rire sombra dans le silence.
Il se releva.
- C'est quoi ces clés ? Elles sont à qui ? , m'interrogea t-il un trousseau à la main.
- A une fille, répondis-je mine de rien.
- Tom ! ...
- C'est bon, t'inquiète pas pour elle.
- T'es chiant Tom.Aussi insignifiant que cela puisse paraître, ce fut la première fois que mon frère entendit parler de toi, Joe. Et non plus la dernière.
Lundi 20 Septembre 2006. 15h42.Tu étais assise à cette même table, à ce même café. Trop occupée à observer chaque passants pour me remarquer, moi, assis sur un banc, à seulement quelques mètres de toi. Je détaillais chacun de tes traits, ceux que tu ne m'avais pas laisser le temps de dépeindre la veille. Oui. J'épiais tes grands yeux d'ébènes à la fois sombres et éclatants contrastant avec la légère pâleur de ta peau, tes lèvres rosées dont tu joues maladroitement, tes cheveux bruns dépeignés bataillant avec le vent et tes formes qui n'auraient sans doute pas pu faire de toi un mannequin.
Une jolie fille invisible aux yeux du monde. Une jolie fille presque banale si elle ne dégageait pas le mystère et la complexité qu'elle possédait.
Je me pris soudain à penser que celui qui saurait l'approcher assez longtemps pour décrypter tout ses tréfonds aurait beaucoup de chance.
Ce que je ne savais pas, c'est que cet homme, c'était Moi
Cela faisait maintenant 30 minutes que je me plaisais à croire que je n'étais ici que par pure curiosité seulement. Tout en m'enfonçant toujours un peu plus sur ce banc inconfortable, je me dissimulai derrière un magasine qui, je le précise, n'est pas des plus intéressant. A moins d'être un grand fan d'une de ces revues à potins toujours plus gros et toujours plus faux. Pathétique.
Échapper tout les secrets, la vie de cet homme était à présent la sienne.Soyez-en en sûr, nous volerons votre âme, dépouillerons vos souvenirs et détruirons vos rêves.
Elle se leva, sa longue chemise froissée par l'assise. Un regard tel que nul n'aurait pu imaginer une seule once de noirceur jaillissant de ce personnage. Son corps ne faisant croire que ce que les gens voulaient y voir. Si bien qu'aucun de ces piétons habituels, que ces employés de café, ni même la brise engouffrant son habit pour caresser sa peau ne savaient vraiment qui elle était. On l'appelle Joe, 17 ans c'est tout.
Alors dis moi, comment pouvaient-ils comprendre ce qu'elle s'apprêtait à faire ? Moi seul, placé aux premières loges pour voir ce pauvre homme candide ce faire dépouillé. Un spectacle que j'aimais moi-même reproduire sur les jeunes filles toutes plus crédules les unes que les autres. Finalement nous nous ressemblons peut-être un peu.
Votre pitié ne nous affecte pas. Priez. Nous sommes sans c½ur.
Sa démarche était fluide. Ses pieds épousant les pavés avec légèreté et son corps adoptait ses gestes avec douceur.
Alors que j'essayais de décoder chacun de ses mouvements, un groupe d'amis interrompit ma vision. Je ne la voyais plus. Fondue dans la masse, elle n'en ressortait pas. Je l'avais une fois de plus perdue. Merde.
''Je ne savais pas que vous aimiez la lecture''
Je sursautai du banc, surpris par son arrivée. Elle me sourit, amusée de l'effet qu'elle avait provoqué. Impassible, je repris rapidement mes esprits et mon assurance. Je ne rougissais jamais, je gardais toujours le contrôle ne laissant passer que des émotions illusoires ou maîtrisées, je dominais mes interlocuteurs et dressais chaque mots sortant de ma bouche, je n'étais sociable qu'avec ceux que j'estimais en valoir la peine. Et là seulement je pouvais devenir chaleureux. J'aimais intimider. Oui c'était cela, j'intimidais. Et malgré ça on m'adorait parfois plus que sa propre famille. Voilà, je restais maître de toute situation.
Alors je lui lançai un sourire furtif à mon tour.
- Je hais la lecture.
- Oh, voilà pourquoi vous tenez votre revue à l'envers, affirma-t-elle indiquant du nez la revue entre mes mains.
- Je vous le répète, je hais la lecture, insistai-je.Elle se leva du banc face à moi, le visage neutre tout comme le mien. Les passants déambulaient entre nos deux corps sans prêter attention à la scène absurde qui se déroulait sous leurs yeux. Le temps semblait subitement ralentir. Nous étions deux inconnus immobilisés sur cette rue piétonne, plonger l'un dans l'autre, vide d'esprit. Oui c'était cela, absurde. Puis comme pris d'une pulsion soudaine, je resserrai de toutes mes forces la revue étouffant entre mes doigts et la lâchai au sol. Elle, toujours statique alors que je m'avançai avec conviction et m'arrêtai à quelques centimètres d'elle.
1 minute peut-être 2 pour qu'elle se ressaisisse et daigne reprendre la parole.
- Je n'ai pas l'habitude d'être observer. Je pourrais prendre peur.
- Vous pourriez, répondis-je machinalement.
- Seulement ?
- Seulement vous aimez le jeu et le risque, tout comme moi.
- De quel jeu parlez-vous ?, nos corps se frôlaient à présent. Un défi mutuel.
- Je vous l'ai dit, celui du risque.
- Dîtes moi, Monsieur Tom Kaulitz Trümper, volez-vous ... des âmes ? Avait-elle murmuré angélique au creux de mon oreille.Pas si angélique que ça
Elle me l'avait posée. Nu. J'étais face à cette question, comme à découvert. Et c'était malgré moi qu'un frisson parcouru ma colonne vertébrale remontant jusqu'à ma nuque. Son visage séraphique me provoquait. A cet instant, ses yeux qui me paraissaient si ténébreux et pourtant si pures s'étaient assombris. Non ils n'étaient plus noirs, ils étaient pires. L'abysse.
Tu étais fascinante
Je lui avais parler du risque, mais voilà, à ce moment même elle était devenue mon risque et moi, le sien.
- Oui, soufflais-je.Tu me souris satisfaite de ma réponse. En fait tu le savais déjà, tu attendais seulement le coup de feu annonçant le départ, celui qui allait enclencher la course. Vicieuse, tu jubilais de l'intérieur persuadé de me détruire très vite. Tu ne savais pas à qui tu avais à faire. Non seulement je volerais ton âme Joe, mais je prendrais ta liberté et ton c½ur. Je te piétinerais jusqu'à ton dernier souffle. Tu aimes les défis Joe, alors voyons si celui-ci te sera aussi divertissent.
Jouons, jusqu'à ce que mort s'en suive
Je suis prêt, prêt à te voir tomber.- Vous êtes si perceptible.Je ris. Tu ne comprends pas.
- En êtes vous bien sûr ? Lui répondis-je d'un sourire qui se voulait pernicieux.Déstabilisée, elle se recula légèrement. J'avais semé le doute et je pus enfin percevoir une pointe d'anxiété dans ses pupilles redevenues à la normale. Je savais sa respiration se couper, elle ne l'avait pas voulu mais elle eu peur de moi. Cela n'avait durée qu'une demi-seconde, hors de question de ce démonter. Elle avait détourné les yeux comme pour s'assurer que le monde continuait bel et bien de tourner. Elle les posa sur la pendule à l'entrée du parc ''16h30'' et les leva au ciel, orageux.
- Nous reverrons-nous ? Me demanda t-elle.
- Je ne sais pas, je connaissais pourtant la réponse.
- Alors à demain.Elle fila sans se retourner. Une goutte glissa dans mon cou. Nous avions attirés la pluie.
Cette pluie s'écrasait au sol Tom, la souffrance si émanait tel un poison.
Merci pour vos commentaires encourageants que vous m'avez laissé. =D
Personnellement je préfère de loin ce second chapitre au premier.
Un GRAND MERCI à l'auteur de How Can I qui m'a
proposer son aide pour corriger mes fautes.
Et je m'excuse d'avance pour l'attente du prochain chapitre qui
mettra encore plus de temps à arrivé pour des raisons scolaires et personnelles ...
Euh ... Petite parenthèse, j'ai été voir Twilight ... OH MON DIEU !
Je ne trouve même pas les mots pour décrire ce film. Incroyable.
Je peux juste dire que je suis complètement ailleurs depuis hier soir.
Hum, sinon j'ai comme l'impression d'oublier de vous dire quelque chose, mais quoi ? =S
Je m'améliorerais de vos mots
------------------------------------------Merci
J' ™